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PER ou assurance-vie en 2026 : quel placement choisir pour optimiser fiscalité et transmission de votre patrimoine ?

PER ou assurance-vie en 2026 : quel placement choisir pour optimiser fiscalité et transmission de votre patrimoine ?

PER ou assurance-vie en 2026 : quel placement choisir pour optimiser fiscalité et transmission de votre patrimoine ?

En 2026, la réforme de l’épargne retraite et l’évolution de la fiscalité française renforcent une question centrale pour les particuliers : faut-il privilégier le Plan d’Épargne Retraite (PER) ou l’assurance-vie pour optimiser sa fiscalité et organiser la transmission de son patrimoine ? Ces deux enveloppes fiscales restent incontournables, mais leurs logiques, leurs avantages et leurs contraintes diffèrent fortement. Comprendre ces différences est essentiel pour faire les bons arbitrages, en fonction de votre âge, de votre taux d’imposition, de vos objectifs de retraite et de vos héritiers.

PER ou assurance-vie : deux enveloppes fiscales aux logiques très différentes

Le PER et l’assurance-vie sont souvent comparés parce qu’ils permettent tous deux :

  • de diversifier son patrimoine via des supports en euros et en unités de compte ;
  • de bénéficier d’une fiscalité avantageuse à moyen et long terme ;
  • d’organiser partiellement la transmission de son capital.

Pourtant, leur philosophie n’est pas la même. Le PER est un produit d’épargne retraite, pensé pour préparer un complément de revenus à long terme, avec une contrepartie forte : l’argent est bloqué jusqu’à la retraite, hors cas de déblocage anticipé spécifiques. L’assurance-vie, à l’inverse, reste un placement souple et liquide, sans horizon de temps imposé, avec une dimension patrimoniale et successorale très marquée.

Fiscalité du PER en 2026 : un outil puissant pour réduire l’impôt pendant la vie active

Le principal atout du PER en 2026 reste la déduction fiscale des versements volontaires. Lorsque vous versez sur un PER individuel, vous pouvez choisir de déduire ces versements de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel (plafond épargne retraite, partagé avec d’éventuels PER d’entreprise ou Madelin).

Concrètement, pour un contribuable imposé à 30 %, un versement de 5 000 € sur un PER peut générer une économie d’impôt de 1 500 €. Cet avantage immédiat rend le PER particulièrement intéressant pour les gros contribuables, notamment ceux imposés dans les tranches à 30 %, 41 % ou 45 %.

En contrepartie, la fiscalité à la sortie du PER est moins avantageuse que celle de l’assurance-vie :

  • en cas de sortie en rente viagère, la rente est imposée comme une pension de retraite (après abattement de 10 %), soumise à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux ;
  • en cas de sortie en capital, la part correspondant aux versements déduits est imposée au barème progressif de l’impôt sur le revenu, tandis que les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) ou, sur option, au barème.

La stratégie fiscale du PER repose donc sur un pari : vous déduisez vos versements à un taux d’imposition élevé pendant votre vie active, en espérant être imposé à un taux inférieur lors de la retraite. Si cette condition est remplie, le gain fiscal global peut être très substantiel.

Fiscalité de l’assurance-vie en 2026 : souplesse, liquidité et avantage après 8 ans

L’assurance-vie, en 2026, conserve son statut de « couteau suisse » de la gestion de patrimoine. Les versements ne sont pas déductibles de votre revenu imposable, mais la fiscalité des gains est particulièrement attractive à moyen et long terme, surtout après 8 ans de détention du contrat.

En cas de rachat (retrait partiel ou total) :

  • avant 8 ans, les gains sont soumis au PFU (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), avec possibilité d’opter pour le barème de l’impôt sur le revenu ;
  • après 8 ans, vous bénéficiez d’un abattement annuel sur les gains (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple), puis d’un taux d’imposition réduit sur la partie au-delà de cet abattement, notamment pour les versements inférieurs à 150 000 € par personne tous contrats confondus.

Surtout, vous pouvez retirer à tout moment, sans condition de retraite ou de motif particulier, ce qui fait de l’assurance-vie un outil de placement et de disponibilité du capital particulièrement adapté aux projets de vie (achat immobilier, études des enfants, complément de revenus, etc.).

Sur le plan strictement fiscal, pour un épargnant faiblement ou modestement imposé, ou pour quelqu’un ayant déjà optimisé ses plafonds PER, l’assurance-vie demeure une enveloppe extrêmement compétitive, en particulier après 8 ans de détention.

Transmission de patrimoine en 2026 : assurance-vie ou PER pour optimiser la succession ?

La question de la transmission de patrimoine reste au cœur des comparaisons entre PER et assurance-vie. En 2026, l’assurance-vie conserve un net avantage en matière de succession, surtout lorsque les versements ont été effectués avant 70 ans.

Avec une assurance-vie, les capitaux transmis au décès bénéficient :

  • d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI) ;
  • au-delà de cet abattement, d’une taxation spécifique (taux forfaitaires), souvent plus favorable que les droits de succession classiques ;
  • et, pour les primes versées après 70 ans, d’un autre régime avec abattement global de 30 500 € sur les primes (article 757 B), les gains étant totalement exonérés de droits de succession.

L’assurance-vie permet aussi de désigner librement les bénéficiaires (enfants, partenaire pacsé, concubin, neveux, etc.), avec une grande souplesse dans la rédaction de la clause bénéficiaire. C’est un outil puissant pour organiser une transmission sur-mesure, parfois en dehors de la répartition « standard » de la succession.

Le PER, quant à lui, offre un régime de transmission plus complexe et généralement moins favorable, surtout à partir de 70 ans. La fiscalité en cas de décès dépend notamment :

  • de l’âge du titulaire au moment du décès (avant ou après 70 ans) ;
  • du type de PER (PER assurance, PER bancaire, PER d’entreprise) ;
  • et des bénéficiaires désignés.

Lorsque le décès survient avant 70 ans sur un PER assurantiel, un régime proche de l’assurance-vie peut s’appliquer, avec des abattements intéressants. En revanche, après 70 ans, l’avantage successoral tend à se réduire, et les capitaux peuvent plus facilement réintégrer l’actif successoral, entraînant des droits de succession potentiellement plus lourds.

PER ou assurance-vie : quel placement choisir selon votre profil fiscal en 2026 ?

Le choix entre PER et assurance-vie ne doit pas être tranché de manière radicale. Dans la plupart des cas, la stratégie optimale consiste à combiner ces deux enveloppes, en jouant sur leurs complémentarités. Toutefois, certains profils tirent un avantage particulier de l’un ou de l’autre.

Le PER est généralement à privilégier si :

  • vous êtes fortement imposé (tranche à 30 %, 41 % ou 45 %) ;
  • vous êtes encore à plusieurs années de la retraite et capable de bloquer une partie de votre épargne ;
  • votre objectif principal est de réduire immédiatement votre impôt sur le revenu tout en préparant un complément de retraite ;
  • vous anticipez un taux d’imposition plus faible à la retraite qu’actuellement.

L’assurance-vie, elle, s’impose comme l’enveloppe incontournable si :

  • vous recherchez de la flexibilité et souhaitez pouvoir récupérer votre argent à tout moment ;
  • vous êtes faiblement imposé ou non imposable, rendant l’avantage de déduction du PER peu pertinent ;
  • vous pensez à la transmission de votre patrimoine à vos enfants ou à des proches, en optimisant au mieux la fiscalité successorale ;
  • vous souhaitez diversifier vos placements avec un horizon de moyen et long terme, sans contrainte de blocage jusqu’à la retraite.

Combiner PER et assurance-vie en 2026 pour optimiser fiscalité et transmission

Pour de nombreux épargnants, la stratégie la plus efficace en 2026 consiste à articuler intelligemment PER et assurance-vie plutôt qu’à les opposer. Une approche fréquente consiste à :

  • utiliser le PER pour optimiser sa fiscalité pendant la phase de vie active, en profitant au maximum des plafonds de déduction lorsque le taux marginal d’imposition est élevé ;
  • alimenter parallèlement une ou plusieurs assurances-vie pour construire un capital disponible, bénéficier de la fiscalité avantageuse après 8 ans et organiser l’optimisation de la succession.

Cette combinaison permet de répondre à trois grands objectifs patrimoniaux :

  • réduire l’impôt sur le revenu immédiatement (via le PER) ;
  • disposer d’une épargne flexible utilisable avant ou après la retraite (via l’assurance-vie) ;
  • préparer la transmission de son patrimoine dans un cadre fiscal avantageux (principalement via l’assurance-vie, complémenté éventuellement par certains PER assurantiels en cas de décès avant 70 ans).

En pratique, le bon dosage dépendra de votre âge, de votre niveau de revenus, de votre situation familiale et de vos projets à moyen terme. Un jeune actif fortement imposé, sans besoin de liquidités à court terme, pourra par exemple privilégier le PER, tout en ouvrant une assurance-vie pour « prendre date ». Un retraité, lui, s’orientera majoritairement vers l’assurance-vie, le PER ayant alors un intérêt fiscal beaucoup plus limité.

Perspectives 2026 : sécuriser votre stratégie malgré les évolutions fiscales

La fiscalité française évolue régulièrement, et il est probable que des ajustements interviennent encore d’ici et après 2026, que ce soit sur le PFU, les prélèvements sociaux ou les droits de succession. Toutefois, les grands principes du PER et de l’assurance-vie restent stables : le premier ciblant l’optimisation de l’impôt sur le revenu durant la vie active, le second étant le pilier de la gestion de patrimoine et de la transmission.

Pour sécuriser votre stratégie, plusieurs bonnes pratiques peuvent être mises en place :

  • ne pas concentrer tout votre patrimoine financier dans une seule enveloppe ;
  • ouvrir tôt vos contrats d’assurance-vie pour bénéficier le plus tôt possible des avantages liés à l’ancienneté (seuil des 8 ans) ;
  • ajuster chaque année le niveau de vos versements sur le PER en fonction de votre situation fiscale et de vos autres projets ;
  • soigner la rédaction des clauses bénéficiaires, tant sur vos contrats d’assurance-vie que sur vos PER assurantiels.

En 2026, arbitrer entre PER et assurance-vie ne se résume pas à choisir un « meilleur placement » unique, mais à construire une stratégie patrimoniale cohérente, adaptée à votre profil, articulant optimisation fiscale, préparation de la retraite et transmission du patrimoine. Une analyse personnalisée, éventuellement accompagnée par un professionnel, reste la meilleure façon de tirer pleinement parti de ces deux enveloppes majeures de l’épargne française.