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Fiscalité rachat assurance vie : comment calculer l’impôt et choisir la meilleure stratégie de retrait

Fiscalité rachat assurance vie : comment calculer l'impôt et choisir la meilleure stratégie de retrait

Fiscalité rachat assurance vie : comment calculer l'impôt et choisir la meilleure stratégie de retrait

Pourquoi la fiscalité du rachat d’assurance vie fait (encore) peur… à tort

L’assurance vie est l’un des placements préférés des Français… jusqu’au moment du rachat. C’est souvent là que tout se complique : prélèvement forfaitaire unique, abattement, ancienneté du contrat, versements avant/après 2017, option pour le barème… De quoi décourager plus d’un épargnant.

La bonne nouvelle, c’est que derrière cette impression de « usine à gaz », la logique fiscale des rachats d’assurance vie est en réalité assez simple, à condition de bien décomposer les étapes. Dans cet article, on va voir :

Rachat total ou partiel : ce que le fisc regarde vraiment

Premier point clé : en cas de rachat, vous n’êtes pas imposé sur tout ce que vous retirez, mais uniquement sur la part d’intérêts (les « gains ») contenue dans votre rachat.

Que le rachat soit total (vous videz le contrat) ou partiel (vous ne retirez qu’une partie), le calcul de la part imposable suit la même règle de base :

C’est cette fraction de gains qui sera soumise à l’impôt sur le revenu (ou au PFU) et aux prélèvements sociaux.

Exemple simple

Vous avez versé 40 000 € au total sur votre contrat. Il vaut désormais 50 000 €. Vos gains sont donc de 10 000 €.

Vous faites un rachat partiel de 10 000 €.

Seuls les 2 000 € sont taxés. Le reste, c’est juste un retour de votre propre épargne, sans impôt sur le revenu.

PFU, barème progressif, abattement : les trois étages de la fusée

Depuis l’instauration du prélèvement forfaitaire unique (PFU) en 2018, la fiscalité des rachats d’assurance vie repose sur trois éléments :

1. PFU ou barème progressif ?

Par défaut, les gains issus des versements réalisés à partir du 27 septembre 2017 sont soumis au PFU de 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu, auquel s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 % au total.

Mais vous pouvez, au moment de votre déclaration de revenus, renoncer au PFU pour soumettre tous vos revenus de capitaux (intérêts, dividendes, plus-values mobilières) au barème progressif. Cela n’est intéressant que si :

2. L’abattement après 8 ans de contrat

C’est l’un des grands atouts de l’assurance vie : après 8 ans, vous bénéficiez d’un abattement annuel sur les gains retirés :

Cet abattement s’applique sur la part de gains imposables des rachats de l’année, une fois ceux-ci globalisés tous contrats d’assurance vie confondus (et contrats de capitalisation).

Important : l’abattement ne supprime pas les prélèvements sociaux. Même si vos gains sont couverts par l’abattement et donc exonérés d’impôt sur le revenu, vous paierez toujours 17,2 % de prélèvements sociaux sur cette part.

3. Versements avant ou après 27 septembre 2017

La date de vos versements compte uniquement pour déterminer le taux de l’impôt sur le revenu (et non les prélèvements sociaux) :

Avant ou après 8 ans : ce qui change vraiment

On lit souvent : « Il ne faut jamais toucher à son assurance vie avant 8 ans. » C’est faux. Les 8 ans ne sont pas une durée de blocage, mais juste un seuil fiscal qui ouvre l’abattement annuel. Parfois, attendre 8 ans ne change presque rien, parfois cela change tout.

Avant 8 ans

Après 8 ans

Le système dépend alors du montant total de vos versements après le 27/09/2017 :

Les versements antérieurs au 27/09/2017 suivent, après 8 ans, une fiscalité historique : 7,5 % d’impôt sur le revenu (après abattement), plus 17,2 % de prélèvements sociaux.

Un cas chiffré complet : combien allez-vous vraiment payer ?

Prenons un exemple réaliste, comme je le vois souvent en rendez-vous.

Madame Dupont, 62 ans, célibataire, a :

Elle souhaite retirer 20 000 € pour aider sa fille à acheter un appartement. Son contrat a plus de 8 ans.

Étape 1 : part de gains dans le rachat

Sur un rachat de 20 000 € :

Étape 2 : application de l’abattement de 4 600 €

Madame Dupont est célibataire. Elle bénéficie donc d’un abattement de 4 600 € par an. Ses gains imposables de 5 454 € sont d’abord réduits par cet abattement :

Étape 3 : calcul de l’impôt sur le revenu

Les gains proviennent à la fois de versements avant et après 2017. Pour simplifier, supposons que la proportion est la même que les versements :

Sur les 854 € restant imposables :

Les 854 € sont donc globalement taxés à 7,5 % :

Étape 4 : prélèvements sociaux

Les prélèvements sociaux, eux, s’appliquent sur les 5 454 € de gains (avant abattement) :

Bilan du rachat de 20 000 €

Dans cet exemple, l’essentiel de la charge fiscale provient des prélèvements sociaux, pas de l’impôt sur le revenu. C’est souvent le cas après 8 ans, surtout si vous exploitez bien l’abattement.

PFU ou barème progressif : comment choisir intelligemment ?

L’option pour le barème progressif peut être intéressante, mais seulement dans des situations bien précises. Pour décider, vous pouvez utiliser cette grille de lecture :

Attention : l’option pour le barème progressif vaut pour vos revenus de capitaux mobiliers de l’année, pas seulement pour votre assurance vie. Avant de cocher cette case, faites le calcul sur l’ensemble (intérêts, dividendes, plus-values boursières).

Quelles stratégies pour optimiser ses retraits d’assurance vie ?

La fiscalité, ce n’est pas juste « subir un taux ». C’est surtout réfléchir au calendrier et au montant de vos retraits. Voici quelques stratégies concrètes que j’utilise souvent avec mes clients.

1. Lisser les rachats d’un montant important

Reprenons Madame Dupont. Si elle avait besoin, non pas de 20 000 €, mais de 40 000 €, elle aurait intérêt à étaler ses rachats sur deux années civiles pour profiter deux fois de l’abattement de 4 600 € :

Résultat : une plus grande partie de ses gains serait couverte par l’abattement, et l’impôt sur le revenu serait mécaniquement réduit.

2. Faire des rachats partiels programmés pour préparer la retraite

Pour compléter sa retraite, plutôt que d’attendre 70 ans pour vider son contrat d’un seul coup, une stratégie efficace consiste à :

Par exemple, un couple peut retirer chaque année une somme dont la part de gains ne dépasse pas 9 200 €. Résultat : ces gains seront exonérés d’impôt sur le revenu (mais pas des prélèvements sociaux) et le capital continuera, lui, à fructifier.

3. Profiter des années de faible revenu

Les années où vos revenus baissent (départ à la retraite, congé sabbatique, année de chômage, passage à temps partiel, création d’entreprise…) peuvent être de bonnes occasions pour effectuer des rachats plus importants, surtout si :

Dans certains cas, vous pouvez ramener le taux effectif d’imposition de vos gains très en dessous des 12,8 % du PFU.

4. Bien utiliser plusieurs contrats

Avoir plusieurs contrats d’assurance vie peut être utile :

Fiscalement, ce qui compte, c’est la somme des gains retirés sur tous vos contrats pour appliquer l’abattement. Mais sur le plan pratique, dissocier les objectifs par contrat facilite la gestion.

Les cas particuliers à ne pas oublier

Comme toujours en fiscalité, il existe des exceptions et des régimes dérogatoires. Sans tout détailler, voici ceux qu’il faut au moins connaître pour ne pas passer à côté d’un avantage important.

Checklist pratique avant de faire un rachat d’assurance vie

Avant de donner l’ordre de rachat à votre assureur ou à votre banque, prenez 10 minutes pour vérifier ces points :

En suivant ces étapes, vous transformez un sujet perçu comme technique et anxiogène en une suite de décisions rationnelles, chiffrées, que vous pouvez piloter. C’est exactement ce que permet l’assurance vie : un outil souple, fiscalement intéressant, à condition de savoir comment le manier au moment des retraits.

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